20.8.06

La schizophrénie

Un sujet beaucoup moins léger que tous ceux abordés jusqu'ici :

Connaissez-vous cette maladie ?

http://fr.psychiatrie.be/bgdisplay.jhtml?itemname=nonprofbackschiz010

Je ne la connaissais pas jusqu’à ce 5 juillet 1997, date de la première hospitalisation sous contrainte de ma fille aînée….V.
Je l’ai vaguement évoqué dans des commentaires ou même dans un précédent billet…
Pourquoi je n’en ai pas parlé jusque là ? par protection , par respect, pour ne pas trahir l’intéressée tout d’abord, mes proches ensuite, pour préserver notre intimité..
Pourquoi je le fais aujourd’hui : non pas pour me faire plaindre mais par besoin d’extérioriser, d’accoucher de cette grande peine enfouie au fond de moi jour après jour. La lecture de certains blogs m’a donné confiance : je ne serai pas jugée mais entendue (lue) et je me suis dit : pourquoi pas.
Cette maladie, on n’en parle pas, c’est un sujet tabou, ce n’est pas une maladie noble. Elle fait peur (et il y a de quoi). Elle terrasse le malade et sa famille . Le malade a des réactions tellement inattendues, il nous entraîne dans le tourbillon de ses contradictions et peut se faire détester autant qu’aimer. (Comment admettre cette dualité entre la personne que l’ on voit devant soi, et celle qui peut être complètement en dehors de la réalité ?)
Au départ, on n’y croit pas, on refuse l’éventualité, (je ne sais dans quel ordre) on culpabilise, on est en colère, en révolte. Non ! Pas elle ! Elle en qui on avait mis tous nos espoirs, elle qui avait un cursus « normal – où est la normalité ? -» (jusqu’à la première année de Fac en tous cas), elle qui est si jolie (oui elle a été très belle). Elle si intelligente, si cultivée……ELLE, notre fille !!!
Au fil des jours, des mois, des ans, il faut se rendre à l’évidence ! Ca n’arrive pas qu’aux autres.
Nous sommes restés quatre années, seuls, à faire face tant bien que mal aux diverses péripéties, ensuite nous avons adhéré à une association de familles de malades. Adhérer, c’était un nouveau pas, c’était reconnaître la réalité. (sans forcément l’accepter) Mais avec l’expérience des autres, nous n’étions plus « seuls » à avoir ce genre de difficulté, chez d’autres les manifestations étaient pire que chez notre fille, ça nous permettait de relativiser….
V. s’est mise dans des situations difficiles, (on la plaignait, on lui en voulait) mais à chaque fois nous étions là, pour l’aider, au prix de l’abnégation de tout ce qui n’était pas ELLE : nous ne comptions pas nos efforts. Je reconnais aussi avoir délaissé son frère et sa sœur à qui je demandais de l’aide et qui se sont trouvés (ainsi que notre gendre) plus souvent qu’à leur tour « en première ligne » Mon mari : nos points de vue sur notre façon de gérer les situations sont bien différents, heureusement il est là pour tempérer mes élans et me forcer à prendre du recul et à nous « protéger ». Il y a des moments où l’on a l’impression d’entamer à la suite de V. une « descente aux enfers »

à suivre...

13 commentaires:

marie.l a dit…

bien, très bien d'en parler chère Tanette ... je te suis
Bon dimanche

la JD a dit…

tu as raison d'en parler chere Tanette, et non tu n'es pas seule !
Voir son enfant malade, quelque soit la maladie, est trés dur, sans parler de la culpabilité.
Nous ne sommes pas coupables si les enfants sortis de notre ventre ne sont pas parfaits, c'est la nature qui est ainsi.
Et V reçoit autant d'amour que si elle avait été en pleine santé, c'est l'essentiel.
Bon courage à vous tous !
Je t'envoie plein de jolies pensées amicales.

FD a dit…

Que te dire... de garder assez de distance pour ne pas sombrer avec elle (facile à dire...),de continuer à regarder le soleil en face, de compter les petits bonheurs du quotidien.
Parles-en, expurge ... même si ça ne résoud rien, ça fait du bien. Et c'est déjà ça de gagné. Courage.

Fred a dit…

AH!!! Putain de maladie qui nous en fait voir "des vertes et des pas mûres" à tous (et pour combien de temps encore?!!).
En tout cas, aussi dévastatrice et injuste qu'elle puisse être je ne la laisserai pas vous faire descendre. Alors, par pitié, protégez vous (t'as raison d'en parler Jeannette)

bricol-girl a dit…

Je pensais trouver un nouvel insecte. Celui dont vous parlez ce jour est terrible, le blog vous aidera à en parler et j'espère vous libérera un peu l'esprit. Tous les mots sont vains et creux. quiique il en soit nous penserons à vous et vous souhaitons tous les courages. Aucune maladie n'est honteuse.

Liliduciel a dit…

Je ne peux qu'adhérer à tous les commentaires précédents...
Je t'envoie tout mon soutien...

Maky a dit…

Cette situation relativise les petits soucis qu'on monte en épingle...
Je suis content d'être arrivé sur votre blog, vous aurez deux yeux de plus qui vous liront et deux mains qui vous écriront
Cordialement

Lou:) a dit…

Chère Tanette,

j'ai souvent ressenti moi-même ce sentiment d'incompréhension et d'injustice face à un enfant que j'avais porté, aimé, éduqué...

Mon grand c'est la drogue qui le rend malade, alors qu'il avait tout pour "réussir". Je sais, ça n'a pas vraiment rapport avec la maladie mentale, quoi que parfois les manifestations peuvent se ressembler.

Je crois que chaque être a son propre chemin même si c'est horrible à accepter parfois.

Merci de ta confiance, je t'embrasse.

tanette a dit…

Mariel : Du fond du coeur Merci.

JD : Oui tu as raison, petit à petit j'ai éliminé le sentiment de culpabilité, mais il m'a fallu du temps.

FD: Oui il faut continuer à compter les petits bonheurs du quotidien, on les remarque davantage quand il y en a et on les apprécie plus.

Fred : on va tenir le coup. Tous ces commentaires nous portent.

Brico-girl : Ce terrible insecte nous mine mais les mots ne sont pas vains, ils nous réconfortent.

Liliduciel : Merci de ton soutien.

Maky : Deux yeux et deux mains que j'accepte avec grand plaisir.

Lou : Justement Lou, la drogue a un rapport étroit avec la maladie psychique. Elle n'a pas toujours le même effet, mais chez une personne fragile elle peut être l'élément déclencheur. Dans le cas de V. cet élément a été en grande partie responsable de la maladie.

coumarine a dit…

Oh Tanette, je te lis avec émotion...et je dirais, comme une tendresse pour toi, les tiens ta fille malade...
Je ne sais que te dire, sinon que oui, ce sera bon que tu en parles , pour mettre tout cela hors de toi, de temps en temps
Et pour que tes amis virtuels te donnent le courage quotidien dont tu as besoin
Je t'embrasse

magali a dit…

ça fait tellement de bien d'extérioriser ses peines, sans chercher à se faire plaindre, juste pour partager un peu sa vie et alléger son chagrin...

Naki a dit…

Chère Tanette,

j'arrive sur ton blog et je découvre ce "secret"... je comprends mieux maintenant ton lessage sur mon blog. je vais lire la suite pour mieux comprendre. Néanmoins, tu fais bien d'en parler, ça fait du bien, et je te soutiens. Maintenant que je suis mère, j'imagine et je comprends ta souffrance. Je vais visiter le lien que tu as laissé pour mieux comprendre cette maladie.
Courage.

Fauvette a dit…

Je t'embrasse Tanette, tu as raison d'en parler ; nous aussi nous avons besoin de comprendre et d'aimer.