23.10.06

Les yeux jaunes des crocodiles



J’ai beaucoup aimé ce roman de Katherine Pancol, ses 650 pages se lisent d’un trait. Il est plein de rires et de larmes, une histoire d’amours, d’amitiés, une histoire de la Vie. Je vous invite à le lire, en voici trois extraits qui m’ont particulièrement marquée :

…..La dernière étoile au bout du manche de la Grande Ourse. C’était son étoile quand elle était petite. Son père la lui avait offerte, un soir qu’elle avait un gros chagrin, il avait dit : « Tu vois, Jo, cette petite étoile au bout de la casserole, elle est comme toi, si tu l’enlèves , la casserole perd son équilibre, et toi, si on te retire de la famille, la famille s’écroule parce que tu es la joie incarnée, la bonne humeur, la générosité… et pourtant, avait poursuivi son père, l’air modeste, cette étoile en bout de constellation, on la voit à peine……..Dans chaque famille, il y a des gens qui ont l’air de petits boulons insignifiants et pourtant, sans eux, il n’y a plus de vie possible, plus d’amour, plus de rires, plus de fêtes, plus de lumière pour éclairer les autres. Toi et moi, nous sommes des petits boulons d’amour… »….

….Il faut que je retienne cet instant. Il faut qu’il dure encore un peu pour qu’il s’imprime dans ma mémoire. Le moment où il a cessé d’être l’homme que j’aime et qui me torture pour devenir simplement un homme, un camarade, pas encore un ami. Mesurer le temps que ça m’a pris pour que j’arrive à ce résultat. Savourer ce moment où je me détache de lui. En faire une étape. Penser à ce moment précis me donnera des forces, plus tard, quand j’hésiterai, je douterai, me découragerai. Il fallait qu’ils parlent encore un peu pour que cet instant se remplisse, devienne réel et marque un tournant dans sa vie. Une borne sur sa route. Grâce à ce moment-là, je serai plus forte et je pourrai continuer à avancer en sachant qu’il y a un sens, que toute la douleur que j’ai accumulée depuis qu’il est parti s’est transformée en un pas en avant, une invisible progression. Je ne suis plus la même, j’ai changé, j’ai grandi, j’ai souffert mais cela n’a pas été vain…..


…La vie avait continué ainsi après, la vie continue toujours. Elle te donne des raisons de pleurer et des raisons de rire. C’est la vie, Joséphine, fais-lui confiance. C’est une personne, la vie, une personne qu’il faut prendre comme partenaire. Entrer dans sa valse, dans ses tourbillons, parfois elle te fait boire la tasse et tu crois que tu vas mourir et puis elle t’attrape par les cheveux et te dépose plus loin. Parfois elle t’écrase les pieds, parfois elle te fait valser. IL faut entrer dans la vie comme on entre dans une danse. Ne pas arrêter le mouvement en pleurant sur soi, en accusant les autres, en buvant, en prenant des petites pilules pour amortir le choc. Valser, valser, valser. Franchir les épreuves qu’elle t’envoie pour te rendre plus forte, plus déterminée.


Je vous souhaite une bonne semaine.

14 commentaires:

brigetoun a dit…

le titre déjà est joli - et puis "entrer dans la vie comme on rentre dans une danse" jolie formule

marie.l a dit…

un auteur que je connais un peu...
Bon début de semaine Tanette !

platon a dit…

En ce qui concerne la dernière partie de ton texte,tout est dans la logique des choses et de la vie.A première vue,on n'y peut rien,mais en regardant de plus pres,notre vie est fonction de ce qu'on veut bien en faire et nous sommes le propre artisant de notre avenir.
C'est un point de vue personnel.Mais n'est-ce pas parler pour ne rien dire?
Bonne semaine à tous.

horti a dit…

Bonjour Tanette, etant assez passionné de lecture et ayant vu ce livre chez ma maman l'autre jour, il sera probablement partie de ceux qui attendent d'être dévoré par mes yeux un de ces jours.... bonne journée

céleste a dit…

très beau texte

"Il faut que je retienne cet instant. Il faut qu’il dure encore un peu pour qu’il s’imprime dans ma mémoire."
j'aime particulièrement cette phrase, je le fais souvent. prendre conscience de la beauté d'un instant, en garder le souvenir pour l'utiliser plus tard, quand le sommeil tarde à venir, par exemple.

Ta purée de marron, superbe, ma maman la fait, elle aussi, ainsi que des marrons glacés....hummmm!

aben a dit…

"...ne pas arrêter le mouvement en pleurant sur soi"...
Lino Ventura a eu une belle phrase, s'adressant a certains jeunes mal dans leur peau : "dites-vous bien, quand rien ne va plus pour vous, que ça n'est pas toujours que de la faute des autres..."

Kri a dit…

Je ne citerai pas les phrases qui m'ont marquées dans cet extrait car elles m'ont toutes marquées!!

FD a dit…

aaah, j'aime beaucoup. ça tombe bien ,je dois passer chez ma petite libraire demain récupérer une commande (Camille Laurens et Irving), je repartirai avec au moins 3 livres, donc. Merci !

me socrate a dit…

C'est beau, c'est vrai........ belle leçon de vie
Bisous

jupiter a dit…

bonjour tanette,

c'est toujours une grande joie de découvrir de beaux texte. L'automne ausi incite à lire devant une bonne cheminée

bises
jupi

Fauvette a dit…

Merci Tanette !
Bonne semaine à toi aussi.

Anonyme a dit…

merci de me faire découvrir.Bonne soirée Tanette

Traou a dit…

Je note ce titre, merci Tanette, car plusieurs romans de Katherine Pancol m'ont "parlé" auparavant, notamment "Scarlett, si possible" et "Les hommes cruels ne courents pas les rues"

Anonyme a dit…

beaucoup appris